Informations Pratiques

  • Par : Pascal GOETHALS
  • Date : 1998
  • Format : 4 x 26’

Novembre 1998 : 80ème anniversaire de l’Armistice de la première guerre mondiale ; il a été célébré comme “il se doit” c’est à dire avec les clichés habituels : les monuments aux morts, les fanfares, les drapeaux, les médailles et les derniers poilus, etc…

Mais comment parler aujourd’hui de cette “grande guerre” qui a profondément marqué l’Europe et le monde pour toujours au moment où justement l’Europe vient de franchir une étape supplémentaire par la mise en place de la monnaie unique ?

Aujourd’hui des centaines de nos contemporains consacrent leur vie à cette guerre. Pourquoi encore cette ardeur, cette fascination, cette passion, de la part de ces «témoins» d’aujourd’hui ?

Ils sont étudiants, économistes, plasticiens, agriculteurs, chirurgiens, sociologues, historiens, jardiniers, veilleurs de nuit, maires de village, etc… etc… Tous entretiennent avec cette guerre un étrange rapport mais toujours avec un lien sensible, concret et positif.

C’est au travers de ces personnages révélateurs d’une société en mutation à la recherche de repères et de racines que se racontera “la grande guerre” pour la première fois de cette façon en évoquant le “sang des autres”.

Car 1914-18, c’est aussi le “sang des autres” : l’opinion française a vu cette guerre comme la guerre française par excellence, notre guerre… Or à l’Armistice, les alliés tiennent 270 km de front sur un total de 570 ! Ce qui implique un nombre considérable de nations sur un espace restreint, de Dunkerque à Verdun : Anglais, Canadiens, Australiens, Malgaches, Algériens, Marocains, Africains, Annamites, Néo-zélandais, Indiens, Africains du Sud et même Chinois…

 

Épisode 1 : Les jardins de pierre

Le onze novembre, dans les profondeurs de la France, quand monsieur le maire ceint son écharpe tricolore pour énumérer les noms de ceux qui sont “morts pour la France” entre 1914 et 1918, mesure-t-on encore l’importance d’un désastre qui a déchiré l’Europe mais qui a frappé aussi des familles canadiennes, australiennes, néo-zélandaises, indiennes ou chinoises ? On a perdu de vue l’effrayante ampleur de la Grande Guerre. On a oublié que les poilus étaient souvent de très jeunes soldats venus du bout du monde. Que reste-t-il de ces centaines de milliers de jeunes que la guerre a fauchées ? Des os sous le gazon, des noms sur les monuments, des pierres dans les jardins, des images stupéfiantes, mais aussi des briquets, des rasoirs, des photos, des lettres, des témoignages, des histoires… Un terrible mélange d’humanité et d’inhumanité.

Épisode 2 : Collectionneurs de mémoire

Sacré Louis ! Dès l’âge de neuf ans, il commence à ramasser tout ce qui a concerné la Grande Guerre dans les environs d’Ytres, entre Cambrai et Bapaume. Sa passion est envahissante : au moment de sa mort, à soixante et onze ans, quarante mille objets ont été réunis ! Quarante mille objets dans le grenier, mais aussi des tonnes d’obus et de ferraille dans l’atelier… Que faire de tout cela ? Beaucoup d’autres collectionneurs sont devenus prisonniers d’une terrible passion. Ils nous livrent leurs secrets, leurs phobies, leurs trouvailles. Beaucoup d’objets et de choses inanimés nous rapprochent de ceux qui ont donné leur vie pour leur pays, et entre les mains de certains de ces collectionneurs, la leçon de “choses” se transforme souvent en leçon de “vie”.

Épisode 3 : Les corps brisés

Il suffit d’un rayon de soleil et de quelques chants d’oiseaux pour que le bois Delville, dans la Somme, prenne des allures d’un petit paradis sur terre… Mais pendant la Grande Guerre, ce paradis fut un véritable enfer. La terreur, la soif, les blessures, les cris, le bruit infernal des obus… Comment décrire ce qui fut si longuement enduré par des millions d’hommes d’un bout à l’autre du front, au bois Delville comme à Verdun ou sur le Chemin des Dames ? Longtemps, la France a reculé devant ce devoir de mémoire. Au musée du Val de Grâce, les terribles moulages des gueules cassées donnent une idée des épreuves subies par ceux dont l’identité avait sombré dans les tranchées. Corps brisés, cœurs déchirés, faces défigurées ! Mais si médecins et historiens sont bien placés pour nous décrire les souffrances et les héroïsmes quotidiens, d’autres guides, et notamment des créateurs, peuvent nous emmener tout au bout de la nuit, là où l’homme n’était plus tout à fait un homme…

Épisode 4 : Le sens du sacrifice

Éleveur, agriculteur et maire d’un tout petit village de soixante-dix habitants, Noël Genteur pourrait poursuivre une existence tranquille entre la ferme et les pâtures. Mais il vit à Craonne, dans le village reconstruit au bord du chemin des Dames. Et pour lui, Craonne est le symbole d’un crime contre l’humanité. Trop d’hommes y sont morts dans des circonstances terrifiantes, en avril 1917, lors d’assauts impossibles. Morts pour rien ? Sûrement pas. Le monde dans lequel nous vivons a été terriblement façonné par 14-18. Pour que la disparition des jeunes sacrifiés retrouve un sens, il faut que les mémoires soient à vifs et que les consciences s’éveillent. Sinon, c’est un double naufrage ! Quelles leçons retenir de la Grande Guerre ? Un veilleur de nuit, une historienne, un agriculteur, un chirurgien et des jeunes guides canadiens nous mettent sur la voie avec émotion et passion en feuilletant des albums de dessins ou en arpentant les lieux du souvenir : monuments, crêtes, tranchées, cimetières… Ne pas oublier, c’est bien. Remettre l’homme au cœur de l’histoire, c’est mieux. Quatre vingt ans après, il nous reste à construire… la Grande Paix.

  • Durée : 4 x 26’
    • «Les jardins de pierre»
    • «Collectionneurs de mémoire»
    • «Les corps brisés»
    • «Le sens du sacrifice»
  • Auteur : Louis AUGIER
  • Réalisateur : Pascal GOETHALS
  • Production :
    • Les Productions CERCLE BLEU
    • FRANCE 3
    • CRRAV
    • avec la participation du Centre National de la Cinématographie
    • et l’aide de la Région Nord Pas-de-Calais
  • Format : BETA
  • Date : 1998
Site en cours de reconstruction.